Des diplomates français contestent Sarkozy

Des diplomates français rejettent la responsabilité des « déboires » récents de la politique extérieure française en Tunisie, en Egypte ou au Mexique sur Nicolas Sarkozy et son entourage, accusés « d’amateurisme » et « d’impulsivité » dans une tribune publiée aujourd’hui par Le Monde.

« La politique suivie à l’égard de la Tunisie ou de l’Egypte a été définie à la présidence de la République sans tenir compte des analyses de nos ambassades. C’est elle qui a choisi MM. Ben Ali et Moubarak comme ‘piliers sud de la Méditerranée' », écrit ce groupe de diplomates anonymes, « certains actifs, d’autres à la retraite, et d’obédiences politiques variées », selon Le Monde.

La diplomatie française, et notamment la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a été très critiquée pour avoir soutenu les régimes autoritaires de Ben Ali et d’Hosni Moubarak, et délaissé les contacts avec la société civile et les opposants.

« Un mépris ostensible »

« Il est clair que le président n’apprécie guère les administrations de l’Etat qu’il accable d’un mépris ostensible et qu’il cherche à rendre responsables des déboires de sa politique », ajoute ce groupe, qui s’est baptisé « Marly », du nom du café, près du musée du Louvre, où ils se sont réunis. « Or, à l’écoute des diplomates, bien des erreurs auraient pu être évitées, imputables à l’amateurisme, à l’impulsivité et aux préoccupations médiatiques à court terme », ajoute-t-il.

Ces diplomates citent pêle-mêle en exemples l’Union pour la Méditerranée, « lancée sans préparation » et « sinistrée », ou la politique au Moyen-Orient, « qui est devenue illisible, s’enferre dans les impasses et renforce les cartes de la Syrie ».

S’agissant de l’affaire Florence Cassez, à l’origine d‘une crise diplomatique entre Paris et Mexico après les protestations de Nicolas Sarkozy contre la condamnation définitive de la Française à 60 ans de prison pour enlèvement, ils jugent que « la tension actuelle avec le Mexique résulte de l’exposition publique d’un dossier, qui par sa nature, devrait être traité dans la discrétion ».

Depuis 2007, le Quai d’Orsay se sent marginalisé dans la conduite de la politique étrangère, de fait dans les mains du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, plus proche collaborateur du président, et du conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte.

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