Crimée: un référendum salué par la communauté internationale (lire pays proches de la Russie)

Sans surprise, le vote organisé dimanche 16 mars en Crimée s’est soldé par un large plébiscite à plus de 96,6 % d’une demande de rattachement de la péninsule à la Russie. Soixante ans après avoir été cédée par Nikita Khrouchtchev à l’Ukraine, la Crimée va demander son retour sous l’autorité de Moscou.

La requête sera formulée officiellement lundi par le Parlement de Crimée, et examinée vendredi 21 mars par la Douma à Moscou. Son vice-président Sergueï Neverov, cité par l’agence Interfax, a promis une adoption dans un « très proche avenir ». Le transfert d’autorité de la péninsule ne va toutefois pas se faire sans difficulté.

Sera-t-elle un oblast (entité administrative), comme Novgorod ou Kalingrad ? Une République, avec un Parlement, une Constitution et un président, comme la Tchétchénie ou l’Ingouchie ? Un Kraïs ?

Nul ne sait encore quel pourrait être le statut juridique d’une Crimée russe. La Fédération de Russie comporte en effet différentes strates administratives, plus ou moins autonomes. La définition du statut juridique de la Crimée sera probablement abordée mercredi lors de l’examen par la Douma de la demande de rattachement de la péninsule à la Fédération de Russie.

Les Etats-Unis et certains de ces alliés européens ont condamné le référendum comme « illégal », « contraire à la Constitution ukrainienne et aux lois internationales » et se dirigeaient vers l’annonce de sanctions ciblées contre des dirigeants russes et ukrainiens pro-russes.

Les Tatars de Crimée (environ 260 000 habitants, 12 % de la population de Crimée) sont les opposants les plus résolus au retour de la Crimée en Russie.

Victime de la collectivisation sous Staline, déportée en Asie centrale pendant la Seconde Guerre Mondiale pour s’être rangée aux côtés de Hitler comme de nombreux musulmans, cette communauté d’origine turco-mongole, installée en Crimée depuis le XIIIe siècle, a dû attendre 1989 avant de pouvoir retourner dans la péninsule.

Beaucoup n’ont toujours pas récupéré les terres qui leur appartenaient et craignent pour leur avenir sous l’autorité de Moscou.

Le nouvel homme fort de Crimée, Sergueï Axionov, a pourtant essayé de rassurer la minorité. Mardi, le Parlement a adopté une résolution sur la protection des droits des Tatars, leur garantissant une représentation dans les futures autorités et un statut de langue officielle.

Quant aux Ukrainiens de Crimée (environ 25 % de la population), un passeport russe leur sera proposé. Ils ne seront pas contraints au départ, mais s’ils refusent la nationalité russe, ils ne pourront plus voter lors des élections.

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