Afghanistan : crime de guerre américain à Kunduz

Plusieurs enquêtes sont en cours pour comprendre comment l’aviation américaine, lors de raids visant les talibans, a pu bombarder à plusieurs reprises l’hôpital de Médecins Sans Frontières / Médecins Sans Frontières (MSF) centre de traumatologie / à Kunduz où elle prétend que des rebelles étaient retranchés.

C’est une bavure que l’armée américaine essaye de justifier en prétendant avoir agi à la demande des autorités militaires afghanes. Vingt et une personnes sont mortes dans la nuit de vendredi à samedi dans ce bombardement aérien, à Kunduz. Cette ville du nord de l’Afghanistan était tombée lundi aux mains des talibans et l’armée afghane, appuyé par l’aviation américaine et des forces spéciales, tente depuis de la reprendre.

Enquête menée par … le principal suspect!

Parmi les victimes figurent douze employés de MSF et sept patients, dont trois enfants. Trente-six personnes ont été blessées. Le chef du Pentagone, Ashton Carter, a affirmé qu’une “enquête exhaustive” était en cours. Quant à l’Otan (créée par les Américains) qui dispose toujours de 13.000 hommes en Afghanistan, dont 10.000 Américains, elle, se limitait à parler de “possibles dommages collatéraux”. Son chef de mission en Afghanistan, le général américain John Campbell, a pourtant téléphoné au président Ashraf Ghani pour lui “présenter ses excuses”.

L’ONU, par le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a déjà prévenu : cette frappe aérienne pourrait relever du “crime de guerre” si elle était jugée “délibérée” par la justice. Le récit livré par MSF est en ce sens accablant. L’ONG affirme que des bombardements se sont poursuivis “pendant plus d’une demi-heure” après qu’elle eut averti les armées afghane et américaine que son établissement, où étaient traités 105 patients, avait été touché par des premiers tirs. MSF assure avoir transmis préventivement les coordonnées GPS de son hôpital à “toutes les parties” du conflit, et “notamment à Kaboul et Washington”.

Les accusés, eux, s’enferrent dans des défenses fragiles : l’Otan n’évoque qu’une “frappe aérienne” américaine, sans préciser combien de bombes ont été larguées. Le ministre afghan de la Défense a expliqué que l’opération visait sans doute “des terroristes armés qui ont attaqué l’hôpital de MSF et l’ont utilisé en tant que base pour attaquer les forces afghanes et les civils”. C’est exactement ce que disent les Israéliens à chaque fois qu’ils bombardent un centre de soins à Gaza. Et dans la plus totale impunité…

“Nous sommes profondément choqués par l’attaque, le meurtre de notre personnel et les patients et le lourd tribut qu’elle a infligé à la santé, à Kunduz,” explique Bart Janssens, directeur des opérations de MSF. “Nous ne disposons pas encore des chiffres définitifs de victimes, mais notre équipe médicale fournit les premiers soins et le traitement des patients blessés. Nous exhortons toutes les parties à respecter la sécurité des installations et du personnel de santé “.

Le centre de soins de MSF a apporté une aide cruciale à la population depuis lundi, et 394 blessés, majoritairement civils, y ont été soignés. C’est le seul établissement de la région capable de traiter les grands blessés.


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