70% des Tunisiens sont pour le maintien de la peine de mort

70% des Tunisiens se sont déclarés contre l’abolition de la peine de mort et attachés à son maintien, révèle une enquête d’opinion exclusive réalisée le mois derniers pour Leaders, par 3C Etudes. Ce même sondage, le premier du genre effectué sur la question en Tunisie, indique que 27% seulement des personnes interrogées sont favorables à l’abolition et 3% ne se prononcent pas. Selon la répartition par milieu d’habitation, ces mêmes indicateurs montrent que 74%  sont pour la peine de mort et 24% contre en milieu communal, alors qu’en milieu non communal, le taux des citoyens favorables au maintien de la peine capitale baisse à 61% et ceux des abolitionnistes augmente à hauteur de 35%.  Par genre, ce sont les hommes qui sont les plus opposés à l’abolition, représentant 74% des personnes interrogées, alors que les femmes ne sont qu’au taux de 66%. Les résultats par tranche d’âge laissent apparaître un pic de 84% des opposants à l’abolition âgés entre 25 et 34 ans et de 80% parmi les personnes âgées entre 45 et 59 ans. Le taux le plus faible est de 36% et se trouve chez les personnes âgées de 75 ans et plus. La répartition par catégorie socioprofessionnelle nous livre des données significatives. C’est ainsi que ceux qui sont contre l’abolition représentent 85% des cadres supérieurs, 83% des cadres moyens, 79% des employés dans les ventes et services, 73% des artisans et ouvriers, 54% des agriculteurs et travailleurs agricoles, 80% des chômeurs, 65% des élèves et étudiants et 68% des retraités, femmes au foyer et inoccupés.

Pour ce qui est des régions, les personnes interrogées qui s’opposent à l’abolition de la peine de mort se trouvent à 80% dans le Nord-Est, 62% dans le Nord-Ouest, 71% au Sahel, 72% à Sfax, 68% dans le Centre-Ouest, 69% dans le Sud-Est et 66% dans le Sud-Ouest. Lorsqu’on demande à ceux qui se sont déclarés opposés à l’abolition de la peine capitale pour quel type de crimes ils tiennent le plus à son application, ils citent à 86% le viol et 80% l’homicide volontaire prémédité. En troisième position vient la trahison de la patrie, pour 9% des enquêtés concernés.

Par rapport à l’ensemble de la population interrogée parmi les Tunisiens âgés de 15 ans et plus, 60% des personnes sont pour le maintien de la peine de mort dans le cas de viol et 56% dans le cas d’homicide volontaire prémédité A titre de comparaison, en France, au lendemain du vote de la loi d’abolition du 9 octobre 1981, un sondage publié par le Figaro indiquait que 63 % des Français étaient pour le maintien de la peine de mort. Tout récemment, selon une étude IFOP de 2011, 63 % des Français seraient favorables à ce que cette question de la peine de mort – entre autres – fasse l’objet d’un référendum.


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