Maroc: le mouvement de contestation perdure dans le Rif mais ne s’étend pas

Après deux jours d’affrontements et d’arrestations musclées à Al Hoceima, relayées par les réseaux sociaux,— les analystes sont unanimes à s’inquiéter de la situation dans le Rif marocain. La région connaît des manifestations quasi quotidiennes depuis un mois et l’arrestation de la figure charismatique du mouvement de contestation baptisé Hirak, un mouvement qui réclame depuis plusieurs mois l’accès aux soins, à l’emploi et à l’éducation dans cette zone enclavée. Si le sujet enflamme le débat public, le mouvement ne s’est pas étendu au reste du pays.

Un tournant sécuritaire et un souverain qui s’en prend au gouvernement en les privant de vacances : la gestion de la crise dans le Rif suscite interrogations et critiques. Si le mouvement reste toujours circonscrit à cette zone déshéritée du nord-est du pays, le durcissement du face à face entre pro et anti-Hirak, lui, est de plus en plus palpable à Rabat et Casablanca.

Les troubles dans la région d’Al Hoceima, qui perdurent depuis un mois, cristallisent en effet les débats. Une frange de l’opinion – progressistes, droit de l’hommistes et même certains leaders politiques proches du mouvement islamiste – dénonce la dérive répressive des pouvoirs publics, par les arrestations et les dispersions de cortèges manu militari. D’autres au contraire décrient des manifestants séparatistes, violents et fauteurs de troubles, traîtres à leur pays. A l’appui, des photos de visages encagoulés et des bus de police incendiés.

Sur le terrain, les manifestants sont encore nombreux et le quadrillage policier a été resserré. Toutefois, dans la presse et les réseaux sociaux, une certaine déception transparaît vis-à-vis des autorités, accusées d’avoir cédé aux vieux démons de la répression des mouvements contestataires, le plus important depuis celui du 20 février 2011, qui avait poussé le roi Mohammed VI à adopter une nouvelle Constitution réformée garantissant le respect des droits de l’homme.

L’entrée en vigueur de la Constitution en 2011, dans la foulée contestataire du « printemps arabe », garantissait pourtant plus de respect des droits humains, avec la nomination d’un Conseil national des droits de l’homme, qui dans cette affaire s’est fait particulièrement discret.

Source RFI

Tunisie : la guerre contre la corruption continue

La guerre contre la corruption lancée en Tunisie par le chef du gouvernement Youssef Chahed a connu une nouvelle étape avec l’annonce ce mercredi de la décision de la justice tunisienne de geler les avoirs du richissime homme d’affaires Slim Riahi, président de l’équipe de football tunisienne Club Africain, rapportent les médias tunisiens.

Président du parti politique l’Union Patriotique Libre et candidat à l’élection présidentielle en 2014, Slim Riahi est aujourd’hui soupçonné de corruption et blanchiment d’argent et s’est vu geler toutes ses actions en bourse, ses comptes bancaires et ses biens immobiliers. Il est le dernier entrant dans une liste d’hommes d’affaires sulfureux ayant déjà été ciblés par les autorités tunisiennes, aux côtés d’hommes tels que Chafik Jarraya et Nejib Ben Ismaïl ou encore Yassine Chennoufi.

Selon le média tunisien Business News, Slim Riahi avait comparu en avril 2017 devant le juge d’instruction du pôle judiciaire financier dans le cadre de l’affaire de blanchiment d’argent en provenance de la Libye. Il ne serait pas parvenu à prouver la provenance de son argent ou qu’il avait des affaires en cours.

Slim Riahi a contre-attaqué en affirmant être victime d’un « chantage politique », et en jugeant que la lutte anti-corruption du gouvernement était « une opération sélective ». Son parti était arrivé en troisième position aux élections législatives tunisiennes de 2014. L’homme d’affaires a en outre annoncé le dépôt d’une plainte à Londres, son lieu de résidence habituelle, contre le chef du gouvernement tunisien en « tant que représentant de l’État tunisien ». Selon le site tunisien Webdo, Slim Riahi a été classé en 2014 en tête des hommes d’affaires les plus riches en Tunisie par le rapport annuel de la Société singapourienne Wealth-X.

 Source TSA – par Yacine Babouche

Du terrorisme islamiste à l’islam dévoyé

Jadis riche par sa pluralité religieuse, l’Algérie s’est réduite à sa plus insignifiante expression : l’islamisme.

Il est coutumier de lire et d’entendre que le terrorisme islamiste a été vaincu en Algérie. Il faut néanmoins nuancer cette affirmation. En effet, certes, le terrorisme islamiste a été militairement anéanti. Mais il a survécu idéologiquement sous une autre forme encore plus sournoise et cruelle. Il a laissé place à l’islam dévoyé. A l’islam rigoriste. A l’islam rigoriste. A la bigoterie généralisée.

Ainsi, si le terrorisme islamiste a été défait, l’islam dévoyé lui a succédé. Aujourd’hui, nul besoin d’armes, de bombes, de conquête du pouvoir par la lutte armée pour imposer la charia en Algérie. Nul besoin de force pour terroriser religieusement l’Algérien. Pour soumettre théocratiquement l’Algérien. Nul besoin de contrainte pour museler la pensée algérienne. Pour verrouiller l’esprit algérien. Pour cadenasser la politique algérienne. Pour démolir la culture algérienne. Pour néantiser la personnalité algérienne. Pour anéantir la psychologie algérienne. Pour annihiler l’imagination débordante algérienne. Pour crétiniser l’humour algérien. Pour déprimer l’humeur algérienne. Pour dépraver l’honneur algérien. Pour déviriliser l’Algérien. Pour abêtir l’intelligence algérienne. Pour corroder l’algérianité de l’Algérie. Pour orientaliser l’Algérie. Pour dénaturer l’Algérie. Pour violer les traditions algériennes. Pour transformer les Lumineux algériens en algériens illuminés.

L’islam dévoyé, bien imprégné par la majorité des Algériens, s’en acquitte de manière efficiente. Le terrorisme islamiste a, certes, perdu la bataille. Mais l’islam dévoyé a gagné la guerre. Et cette victoire religieuse sur les esprits est autrement plus prestigieuse et glorieuse que l’aurait été une victoire militaire islamique.

Jadis, le terrorisme islamiste par les armes s’était aliéné la majorité de la population. De nos jours, la majorité de la population s’est alignée par la foi sur l’islam dévoyé. Chaque Algérien pratique l’islam dévoyé, après avoir éclipsé le terrorisme islamiste. Tout musulman algérien s’érige aujourd’hui en Procureur ou en Supplétif de la police des mœurs musulmanes pour traquer tout comportement incompatible avec l’orthodoxie islamiste contemporaine dominante. Même à l’étranger, il se conduit de façon inquisitoriale pour imposer son mode de vie islamiste.

On prétend que l’islam sunnite ne comporte pas de clergé, à l’instar de l’Eglise chrétienne. On se trompe. En vérité, de nos jours, chaque Algérien s’est improvisé «curé» : n’hésitant pas à édicter ses propres principes islamistes, à se muer en confesseur des âmes «égarées», à imposer sa grille de lecture subjective musulmane, à pourchasser les manquements à ses pratiques érigées en normes, à promulguer des fatwas contre les agissements considérés comme blasphématoires, à ses yeux, à s’ériger en docteur es «sciences islamiques».

Tout est déterminé par et pour l’islam. En dehors de la doctrine religieuse islamique consacrée par le Livre, partagée par l’ensemble des Algériens, aucune autre forme de pensée n’a aujourd’hui droit au chapitre. Elle a envahi toute la société. De sorte que cet islam dévoyé est parvenu à éradiquer toutes les différences au sein de la société algérienne, à uniformiser la pensée à force de la propagation de cette pensée dictatoriale tentaculaire, grâce à l’endoctrinement islamiste totalitaire inculqué dès l’école élémentaire.

L’Algérien autiste dans son existence

La tolérance légendaire de nos compatriotes a été bannie des cœurs, desséchés par ces nouveaux zélateurs algériens convertis à la nouvelle foi musulmane outrancière et exhibitionniste.  Naguère riche par sa pluralité ethnique et religieuse (que sont Français, Européens, juifs et autres devenus ?), par sa diversité culturelle, son hétérogénéité politique, l’Algérie s’est réduite à sa plus insignifiante et rétrograde expression, symbolisée par l’islamisme.

Ce rétrécissement régressif de la vision intellectuelle et culturelle des Algériens a favorisé l’apparition d’une forme autistique de l’existence. L’Algérien, nouvelle version coranique, est tourné, non pas vers lui-même (c’eût été un narcissisme salutaire, une thérapie psychologique salvatrice) mais vers sa religion. Il ne vit que par et pour Sa religion. Il est musulman avant d’être Algérien. Il sacrifierait plus volontiers sa vie pour l’islam que pour l’Algérie. Il aliénerait sans scrupule toute sa millénaire culture (ou plutôt cultures, car l’Algérie a toujours été riche par sa diversité culturelle) pour sa religion. Quitte à perdre son âme. Que lui importe l’identité culturelle algérienne pourvue pourtant de nobles traditions. Dans le cœur de chaque Algérien, la pulsation féconde et bigarrée culturelle a laissé place à la palpitation poussive et monolithique cultuelle. Le corps ne vibre qu’au son du muezzin. Les échos de nos sublimes coutumes ne résonnent plus dans le cœur des Algériens. Les valeurs morales millénaires se sont transmuées en valeurs marchandes avalisées et bénies par le nouvel islam mercantile. L’islam innocent d’antan s’est immolé au feu du capitalisme incendiaire et génocidaire.

Pour preuve, au lieu de consacrer les deniers publics pour la sauvegarde de nos multiples riches patrimoines laissés à l’abandon à travers tout le pays, ou pour la construction d’universités, de bibliothèques, d’hôpitaux, de gymnastiques, de logements sociaux, les potentats du pouvoir le dilapident dans l’édification dispendieuse d’une mosquée construite à la gloire du nouveau Pharaon algérien résolu à embaumer l’Algérie dans le souvenir de son règne momifié, magnifié, gratifié, glorifié, déifié.

De fait, comme dans le cas de l’autisme, marqué par des comportements restreints et répétitifs, la vie de l’Algérien aujourd’hui se réduit en l’accomplissement des immuables rites quotidiens qu’aucune volonté humaine ne doit troubler, modifier et, encore moins, enrayer. Bien au contraire, tout Algérien, quelles que soient ses convictions, doit se plier au modèle islamiste dominant. La diversité a plié, s’est effacée devant l’uniformité, la conformité, l’unicité, la morosité.

Le ciel bleu azur de l’Algérie s’est recouvert d’un ténébreux brouillard religieux, obscurcissant l’horizon intellectuel et culturel d’une moyenâgeuse uniformisation de la pensée unique (inique). L’étroitesse de la pensée s’est ouvert un grand boulevard dans lequel affluent et déferlent à grande vitesse les plus rétrogrades idées moyenâgeuses. La vacuité existentielle irrigue toutes les artères algériennes embouteillées par un peuple arborant l’ennui sur sa face tourmentée par le vide spirituel. On associe injustement spiritualité et religion. Aucune religion ne renferme quelque spiritualité. L’esprit belliqueux gouverne leur existence. L’esprit religieux est toujours agité, excité, enflammé, angoissé, déchaîné. Il n’aspire au repos, à la quiétude, à la sérénité qu’une fois trépassé, une fois dans l’au-delà. Sa vie terrestre n’est qu’une guerre permanente contre lui-même, et surtout contre les autres esprits réfractaires, insubordonnés, séditieux, épris de liberté. Il pourchasse tous ses penchants naturels pour se conformer aux recommandations célestes. Il n’est jamais en accord avec sa conscience toujours suspicieuse, soupçonneuse, éternellement despotique. Tout comme il dompte sa conscience tourmentée pour demeurer fidèle aux exigences de son créateur, il voudrait soumettre toutes les consciences au même sort autocratique.

Ainsi, emmailloté dans ses langes religieux enfantins et infantiles, l’Algérien refuse de s’élever à l’âge adulte de la pensée, de la réflexion, de la raison moderne et universelle.

Ne tolère pas la… tolérance

Il ne tolère pas la diversité d’opinions. La multiplicité culturelle. La pluralité religieuse. La liberté de conscience. La conscience libérée, libérante, délibérante, délivrante, délurante, délirante. La critique religieuse. La satire irréligieuse, irrévérencieuse. Le débat politique. La critique radicale. La controverse philosophique. La relégation de la religion dans la sphère privée, donc la dénationalisation de la religion (la sécularisation). L’égalité sexuelle. Il ne tolère pas la tolérance. Surtout il ne se tolère pas lui-même, étant en conflit avec sa personnalité fragmentée, en dissension avec son identité déculturée, en guerre permanente contre sa vie qu’il refuse de bâtir de ses mains dans la paix, préférant remettre son sort à la fatalité, à sa rentière Nation bâtie sur ses provisions pétrolières provisoires sur fond d’un désert industriel productif. Ainsi, toute la vie de l’Algérien tourne autour de sa religion. Religion qui tire sa raison d’être d’un lointain passé depuis longtemps révolu.

Paradoxalement, cette fixation obsessionnelle sur cette période pourtant révolue et désuète de l’islam primitif et primaire, réputée mythiquement comme glorieuse, n’est pas sans rappeler les premiers moments de l’enfant accroché aux flancs de sa mère dans une relation fusionnelle et symbiotique. Cette période de l’enfance marquée par un amour exclusif et possessif manifesté par l’enfant à l’égard de sa mère. L’individuation est traumatique pour cet enfant longtemps couvé par sa mère. Le sevrage lui est difficile, douloureux. Et toute l’existence de l’enfant tourne autour de sa personne. Le Moi règne en maître. La pensée magique domine son univers. L’enfant vit dans sa bulle. Il ne peut concevoir d’autres univers que le sien. Il perçoit le monde adulte comme un univers menaçant. C’est aussi l’âge d’opposition. Opposition à tout ce qui contrecarre son principe de plaisir. Le principe de réalité est ignoré, méconnu. La réalité doit s’effacer devant l’imagination infantile. Aucune logique ne peut venir à bout de cette pensée magique. Pour lui, son univers enfantin et infantile n’a pas de début, ni de fin. C’est l’éternité de l’esprit enfantin. De l’enfance. C’est par le prisme de la pensée magique qu’il appréhende l’existence. Son univers est peuplé de fantômes. Sa personnalité est envahie par la peur irrationnelle. Sa pensée est dominée par l’animisme. Sa notion du bien et du mal est très subjective, limitative, réductrice.

Tout comme l’a magistralement analysé et développé le célèbre psychiatre algérien Khaled Benmiloud dans son ouvrage La Raison paramagique, traitant des fondements du sous-développement des pays du tiers-monde, la raison prélogique domine encore la pensée de ces populations, la pensée religieuse.

Somme toute, à croire que l’Algérien, par sa mue régressive islamiste, éprouve également le même traumatisme à l’idée de s’affranchir de certaines de ses croyances surannées, pourtant inopérantes et inadaptées à notre époque hautement scientifique et technologique. De là découle son rejet instinctif de tout mode de vie incompatible avec sa vision théologique. De là lui vient son refus radical de tout autre modèle de pensée, de vie, d’existence. De là provient sa propension à éliminer toute innovation, à rejeter toute évolution. Et corrélativement son inclination à plier tout Algérien à son mode de pensée et d’existence archaïque, même au prix du terrorisme religieux.

Comme dans le cas de l’enfant, son univers imaginaire prime sur la réalité. Sa pensée religieuse lui dicte d’imposer son mode d’existence, considéré comme unique manière de vivre.

Hors de l’islam, point de salut.

Par Mesloub Khider in New Press/Algérie Patriotique

Libye : libération des membres de la mission de l’ONU pris en otages

Les ravisseurs affilés à un groupe armé basé dans la ville libyenne de Zaouïa ont relâché les fonctionnaires de l’Onu pris en otage plus tôt dans la journée, signale le portail d’information libyen al-Wasat. Les membres de la mission sont sains et saufs.

Pris en otage plus tôt dans la journée de mercredi à l’ouest de Tripoli, les six membres de la mission de l’Onu en Libye ont été relâchés suite aux négociations menées par des notables tribaux locaux avec les ravisseurs. Les otages sont en bonne santé et ont été libérés sans que les exigences des ravisseurs soient satisfaites, souligne le portail d’informations al-Wasat.

Selon la source, les membres de la mission de l’Onu en question — quatre hommes et deux femmes — sont actuellement en route pour Tripoli.

Selon l’information de la chaîne de télévision Sky News Arabia, les ravisseurs sont affiliés à l’organisation terroriste internationale Al-Qaïda.

Plus tôt dans la journée, il a été annoncé que des fonctionnaires des Nations unies qui se dirigeaient vers la Tunisie avaient été pris en otage dans la ville de Zaouïa, située à 45 km à l’ouest de Tripoli. Les ravisseurs ont cherché à les échanger contre leurs complices arrêtés auparavant dans la capitale libyenne.

Ces dernières années, la situation en Libye demeure dangereuse en raison de l’activité d’islamistes radicaux affiliés à Al-Qaïda et à Daech. Le pays est également divisé en deux: un gouvernement d’union nationale siège à Tripoli, tandis qu’un gouvernement intérimaire dirige l’est du pays depuis Tobrouk.

Avec Sputnik

A la tête de la Francophonie, Michaëlle Jean dans le collimateur pour des dépenses somptuaires

La Canadienne aurait engagé plus de 330 000 euros pour rénover et aménager sa résidence parisienne, propriété du gouvernement canadien.

« Je ne suis pas une princesse ! » Aux commandes de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) depuis 2015, la Canadienne Michaëlle Jean a dû justifier des dépenses énormes effectuées pour rénover son logement de fonction à Paris. Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec ont publié en juin une série d’articles critiquant le train de vie de l’ancienne gouverneure générale du Canada. Le journaliste Alexandre Robillard a fait état de dépenses de plus de 330 000 euros – dont 215 000 euros de rénovations, 50 000 euros de meubles et 13 500 euros pour un piano à queue – pour la résidence qu’elle loue dans le 7e arrondissement de Paris, et d’un dépassement de 40 % de ses frais de voyage, selon des documents de l’institution obtenus de source non officielle.

Après avoir refusé toute interview, Mme Jean a fini par répondre aux questions de la radio montréalaise 98.5FM en évoquant un courriel du précédent locataire, Jean-Pierre Blackburn, ancien ambassadeur du Canada à l’Unesco. Selon lui, l’appartement – propriété du gouvernement canadien, louée 13 000 dollars par an (8 800 euros) – avait de sérieux problèmes de plomberie.

Opacité

L’affaire a fait des vagues à Ottawa, où la ministre de la francophonie, Marie-Claude Bibeau, a réagi après que Mme Jean a affirmé que les sommes engagées par l’OIF pour ces rénovations seraient récupérées lors de la vente prochaine de l’appartement par le gouvernement canadien. La ministre a sèchement répliqué : « On n’est pas rendu à discuter de la vente » de cet appartement, donc pas non plus de son coût…

L’organisation manque de fonds et a entrepris une vaste restructuration, dont les résultats, note le Journal de Montréal, ont été présentés le 22 juin aux représentants de ses Etats membres. Le quotidien dénonce l’opacité de l’administration de l’OIF, même si le numéro deux de celle-ci, le Malien Adama Ouane, affirme qu’elle est « transparente ». Selon le journal, le coût des déplacements de Mme Jean ne serait plus inscrit clairement dans les documents officiels mais inclus dans les « activités de cabinet ». Les voyages de la secrétaire générale et de son entourage ont coûté près de 600 000 euros en 2015 et 610 000 euros en 2016, en hausse de 40 % par rapport aux prévisions, d’après les chiffres de l’institution. Explication de l’intéressée : il faut de plus en plus « aller sur le terrain ».

Maroc : démantèlement d’une cellule terroriste liée au groupe “Etat islamique” à Essaouira

Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), relevant de la Direction générale de surveillance du territoire national (DGST) a procédé, jeudi, au démantèlement d’une cellule terroriste affiliée à l’organisation dite “Etat islamique”, composée de quatre extrémistes basés dans la ville d’Essaouira.

Cette opération a permis la saisie d’armes blanches et d’appareils électroniques, ainsi que d’un manuscrit dans lequel les membres de cette cellule prêtent allégeance au chef de “Daech” et déclarent le jihad au Maroc sous l’appellation “La wilaya de l’Etat islamique au Maghreb al-Aqsa”, indique un communiqué du ministère de l’Intérieur.

Les investigations ont révélé que les suspects, qui ont prêté allégeance au prétendu calif “Abu Bakr Al Baghdadi”, ont planifié l’exécution d’attaques terroristes d’envergure visant des installations sensibles et des sites touristiques d’Essaouira. Les membres de cette cellule terroriste ont projeté, en réponse aux appels incitatifs de cette organisation terroriste, d’élargir le champ de leurs opérations terroristes à d’autres villes du Royaume.

Les suspects seront déférés à la justice une fois achevée l’enquête menée sous la supervision du parquet général, relevant que cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour contrer les menaces terroristes qui visent la sécurité et la stabilité du Royaume.

L’Egypte prolonge l’état d’urgence pour trois mois

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a prolongé de trois mois l’état d’urgence, initialement instauré en avril après un double attentat contre des églises, selon un décret publié  au Journal Officiel.

Cet état d’urgence renouvelé prendra effet à partir du 10 juillet.

Le Parlement avait approuvé l’état d’urgence en avril après un double attentat contre des églises de Tanta et d’Alexandrie, au nord de la capitale, qui avait fait 45 morts. Le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui avait revendiqué ces attaques, a multiplié les menaces contre la minorité chrétienne égyptienne copte.

L’organisation terroriste a également revendiqué un attentat à la bombe dans une église du Caire en décembre, qui avait tué 29 personnes.

L’état d’urgence, comme en France, élargit les pouvoirs policiers en matière d’arrestation et de surveillance.

Il avait été observé pendant trois décennies sous le président Hosni Moubarak. Son abrogation était l’une des principales demandes durant la révolte de 2011 qui a mis fin à sa présidence.

L’état d’urgence est déjà appliqué depuis quelques années dans une partie du nord du Sinaï, où l’EI est très actif.

 

Le Libanais Ghassan Salamé nommé émissaire onusien en Libye

Le Conseil de sécurité de l’ONU a entériné mardi soir 20 juin la nomination par le Secrétaire général d’un envoyé spécial pour la Libye. Après une prolongation en catastrophe de quatre mois de l’envoyé actuel Martin Kobler faute de consensus autour des personnalités proposées pour ce poste, la nomination du médiateur international et ancien ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé a fait consensus. Si la mission s’annonce complexe, le nouvel émissaire possède plusieurs atouts pour aborder le dossier.

Armé déjà d’un capital de sympathie chez les Libyens et s’appuyant sur son expérience en tant que médiateur dans la résolution de crises internationales, Ghassan Salamé, le nouvel émissaire onusien pour la Libye, a plusieurs cartes en main.

Il entretient des relations amicales avec plusieurs personnalités politiques en Libye et dans les pays du Golfe, des Etats influents dans le dossier libyen, comme le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats.

Son expérience internationale lui donne un atout supplémentaire. Il a été conseiller de l’ex-secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. Dans ce cadre, il a effectué plusieurs missions notamment en Irak et en Birmanie.

Ghassan Salamé est également un ami personnel du secrétaire général actuel de l’ONU, Antonio Guterres, ce qui joue en sa faveur pour cette tâche complexe. D’après nos sources, plusieurs personnalités précédemment approchées avaient refusé la mission.

Les attentes des Libyens sont grandes

Le nouvel envoyé spécial à Tripoli a une profonde connaissance des dossiers de la région et notamment celui de la Libye. Un dossier ne lui est pas étranger car ce n’est pas la première fois qu’il s’y attèle. Il avait déjà initié à Genève, en 2015, une série de dialogues inter-libyens entre les différents acteurs de la crise, ce qui avait été alors considéré comme un succès.

De plus, à Tripoli, la nomination de Ghassan Salamé a suscité une vague d’espoir chez les Libyens. Après l’échec des cinq prédécesseurs, la population croit en les capacités du Libanais pour une sortie prochaine de la crise.

Des politiques et des intellectuels lui ont déjà envoyé des lettres ouvertes pour la réorganisation de la mission onusienne pour la Libye. Une rencontre est prévue entre le nouvel émissaire et Martin Kobler dans les tous prochains jours. Ce dernier terminera sa mission fin juin.

Tâche difficile

Renouer le dialogue, entre les partis libyens, c’est la tâche la plus importante à laquelle doit s’employer dès son arrivée le nouvel émissaire de l’ONU pour la Libye. Car dans ce pays déchiré et proie au chaos depuis 2011, la société est profondément divisée. L’Etat l’est aussi.

Ghassan Salamé doit alors traiter avec les deux gouvernements qui se partagent le pouvoir dans le pays. L’accord politique signé en décembre 2015 au Maroc est toujours en panne et son amendement prévu ne s’est pas concrétisé plus de 18 mois après sa signature.

Dans une Libye, toujours sous la menace de l’organisation EI, il n’est pas facile de réunir tout le monde autour de la table. Et donc il va falloir mettre le maréchal Khalifa Haftar, Saïf al-Islam Kadhafi et les islamistes sur la même table de dialogue national. Ce dialogue doit également inclure la représentation la plus large de la société libyenne, y compris les tribus, pour avoir sa chance de réussir.

La tâche de Ghassan Salamé s’annonce ardue tant la Libye est faite d’appartenances et des sensibilités. Selon des analystes cette mission « sera encore plus complexe pour lui que pour ces prédécesseurs ».

La tâche sera d’autant plus difficile car en plus des défis intérieurs propres à la Libye, il y a les circonstances régionales et la volonté internationale d’en finir avec cette crise. Pour l’heure, résoudre la crise libyenne est devenu une priorité pour l’Union européenne. Cela ne paraît pas le cas des Etats-Unis qui gardent toujours le mystère sur sa vraie position.

 

Libye : les biens immobiliers de Claude Guéant saisis par la justice

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le quartier de la porte Dauphine ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur.

Les juges d’instruction qui enquêtent sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ont récemment ordonné la saisie des biens immobiliers de Claude Guéant, plus de deux ans après sa mise examen dans cette affaire.

Les juges Serge Tournaire et Roger Grouman ont pris le 12 juin une ordonnance de saisie visant l’appartement parisien dans le XVIe arrondissement ainsi que la résidence secondaire dans le Maine-et-Loire de l’ancien ministre de l’Intérieur, selon cette source qui confirmait une information du Parisien.

L’ancien secrétaire général de l’Elysée peut continuer d’occuper ces logements. “Il s’agit d’une mesure conservatoire pour empêcher Claude Guéant de vendre ses biens immobiliers”, a expliqué à l’AFP son avocat Claude Bouchez El Ghozi.

“Je m’étonne que l’on procède à cette saisie maintenant, des années après l’ouverture de l’instruction, alors qu’il n’y rien de nouveau concernant Claude Guéant qui ne justifie cette mesure”, a commenté l’avocat. A travers cette décision, “c’est l’aveu de faiblesse d’un dossier qui piétine totalement”, a-t-il dénoncé.

Un curieux virement de 500.000 euros

Dans ce dossier tentaculaire, les juges s’intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de Kadhafi. D’anciens dignitaires de Tripoli et des témoins ont évoqué la thèse de versements, mais les magistrats n’ont pas la preuve que des fonds aient alimenté la campagne.

Les enquêteurs s’interrogent également à un virement de 500.000 euros en provenance d’une société d’un avocat malaisien, perçu en mars 2008 sur un compte de Claude Guéant. Il a affirmé qu’il s’agissait du fruit de la vente de deux tableaux, sans convaincre les magistrats qui l’avaient mis en examen en mars 2015 notamment pour blanchiment de fraude fiscale.

L’enquête a rebondi en novembre dernier avec les déclarations dans Mediapart de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine qui a assuré avoir remis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur et à son directeur de cabinet Claude Guéant, trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du gouvernement du leader Kadhafi, entre novembre 2006 et début 2007. Il a été mis en examen 7 décembre notamment pour complicité de corruption et complicité de détournements de fonds publics en Libye.

Depuis, le député LR Eric Woerth, trésorier de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy a été entendu ainsi que Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne en 2012. Ce dernier avait affirmé que d’importantes sommes d’argent en liquide avaient circulé pendant lors de la course à la présidentielle de 2007.

(Avec AFP)

Le FMI s’engage pour la croissance de la Tunisie

Le FMI débloque 314 M$ pour la Tunisie dans le cadre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC).  Ce soutien accordé au pays est le bienvenu. Il permettra de donner la marge de manoeuvre suffisante aux autorités tunisiennes pour commencer à conduire les réformes qui contribueront à  améliorer les chiffres du chômage et le niveau de vie de la population.

Cela servira surtout comme effet de levier pour lever d’autres emprunts qui attendaient la position du FMI qui est l’organisme de référence .

Les autorités tunisiennes redoublent d’efforts pour relever les défis d’un ralentissement de la croissance. Désormais les réformes engagées par le gouvernement pour stabiliser la dette publique en dessous de 70% du PIB à l’horizon 2020 et les efforts déployés pour créer des  débouchés économiques, devraient améliorer le climat des affaires et promouvoir une croissance génératrice d’emplois tirée par le secteur privé.

Grâce à l’appui du FMI et de la Banque mondiale, et à la bonne tenue  depuis le début de l’année de la croissance tunisienne  la tendance est à l’optimisme. Les organismes prévoient une croissance de  de 3,3% pour 2017, puis de 4,9% en 2018.

Les entreprises françaises reviennent s’installer dans le pays avec d’autres modèles de partenariat et de coopération. Les Tunisiens sont leaders sur certains marchés avec un savoir-faire reconnu, tel ce spécialiste de production de plants greffés de piment, tomate, melon qui est, avec ses serres, leader sur son marché et sert des sociétés hollandaises, espagnoles, italiennes et… tunisiennes. Il s’occupe déjà de transfert de technologie pour une société algérienne et lance un appel à des partenaires français et allemands. Le secteur des nouvelles technologies est aussi en plein boom. La digitalisation des service publics tunisiens est une priorité et on parle de la création d’un cloud tunisien avant 2020. Un grand plan numérique est en route avec la création de  Smart Tunisia, la France ne restant pas inactive puisque l’Alliance pour le Numérique franco tunisienne a déjà eu quelques succès et se cherche maintenant un second souffle.

L’objectif à atteindre est la création de 50 000 emplois dans le secteur avec l’ouverture des licences IOT, dans les domaines de l’offshoring, du nearshoring… Un challenge qui permettrait de réduire le taux de chômage, principale préoccupation des autorités tunisiennes, et notamment pour les jeunes diplômés qui sont bien formés et compétents mais souffrent d’un manque de débouchés.

Côté industries électronique et automobile, l’optimisme est de mise, Airbus Aerospace a ouvert des unités en Tunisie et l’AFD a financé plusieurs accords pilotes dans le domaine de la mécatronique notamment à Sousse.

Forte de ces bonnes nouvelles, la Tunisie organisera l’une des étapes des Rencontres Africa le 5 et 6 octobre prochain qui sera la pus grosse opération de matching business jamais organisée dans le pays avec la rencontre entre 250 chefs d’entreprises français, 500 chefs d’entreprises tunisiens et 300 africains de 25 pays. Elle se déroulera à Gamarth dans la banlieue de Tunis et les gouvernements Tunisien et Français attendent beaucoup de cette manifestation qu’ils ont voulu très différente d’une grande messe politique mais au contraire très orientée vers les affaires et vers les chefs d’entreprises.