Tunisie – Le Président Ben Ali honore notre confrère Tarek Mami

M. Tarek Mami, directeur de « Radio France-Maghreb » à Paris et président de l’Association française des radios numériques, lauréat du Prix Hédi Laabidi pour la meilleure production journalistique dans le domaine de la Radio.

Le Président Ben Ali vous a honoré à l’occasion de la journée nationale de la culture en vous décernant le Prix Hédi Laabidi de la meilleure production journalistique dans le domaine de la radio. Que représente pour vous cette distinction ?

J’étais agréablement surpris par ce Prix qui constitue une reconnaissance pour le travail que j’accomplis au quotidien à « Radio France-Maghreb ».Ce Prix est en effet un geste envers tous les Tunisiens établis à l’étranger que le président de la République considère comme une partie intégrante de l’ensemble des citoyens, geste qui vient à point nommé témoigner encore une fois de la volonté du chef de l’Etat d’inclure cette communauté dans les efforts consentis pour faire avancer le processus de développement du pays.De tels gestes ne sont pas occasionnels. En témoignent, à la fois, le nombre de sièges réservés aux tunisiens résidant à l’étranger au sein de la Chambre des conseillers et les prix et récompenses souvent octroyés aux créateurs et aux hommes de culture parmi cette communauté.A coup sûr, ce Prix a une grande valeur dans l’évolution de ma carrière professionnelle et dans mon épanouissement personnel.

En tant que Tunisien, comment votre expérience comme directeur de « Radio France-Maghreb » a-t-elle contribué à faire promouvoir la voix de la Tunisie et son « image numérique » ?

Je suis l’un de ces milliers de Tunisiens qui ont quitté le pays pour faire des études à l’étranger, qui s’y sont par la suite installés et qui ont réussi dans leur pays d’accueil. Le fait de porter une seconde nationalité ne fait jamais oublier à ces citoyens leurs racines tunisiennes.Chacun de nous sert le pays à sa manière et selon ses moyens. Pour moi, servir la Tunisie consiste à servir les Tunisiens au moyen de programmes diffusés à leur intention sur les ondes « Radio France-Maghreb » qui couvrent plusieurs villes françaises telles que Paris, Le Havre, Amiens, Reims, Orléans, Clermont-Ferrand et Dijon, en attendant d’étendre, Inchallah, la diffusion à d’autres villes.Cette station que j’ai créée en France s’adresse à l’ensemble de la communauté maghrébine en France et à la communauté tunisienne en particulier. Elle sert de trait d’union entre les Tunisiens de France et la mère patrie puisqu’ils peuvent suivre, quotidiennement, l’actualité tunisienne à travers les trois journaux parlés de la Chaîne RTCI que nous diffusons en direct.Ceci leur permet également d’avoir une idée exhaustive des avancées de la Tunisie et de s’informer de l’actualité nationale dans ses divers aspects politique, économique, social et sportif, actualité dont les Tunisiens à l’étranger avaient l’habitude de suivre uniquement à leur retour pendant les vacances estivales.Servir les Tunisiens de France c’est leur donner les moyens de continuer à vivre leur « tunisianité », s’épanouir dans le pays d’accueil pour finalement avoir un rapport serein avec leur pays d’origine.

Vous présidez l’Association française des radios numériques. Quel avenir, à votre avis, pour l’information radiophonique et comment les radios non numériques pourront-elles fidéliser leur auditoire ?

Je préside, effectivement, l’Association française « VRN » (Vivement la Radio Numérique) que j’ai créée en 1993, à un moment où le scepticisme constituait la règle concernant cette nouvelle technologie. J’avais d’ailleurs représenté, à ce titre, la France dans de nombreux colloques internationaux notamment au Canada et à Dubaï.Pour revenir à la question, il faut savoir que la diffusion numérique est la suite logique de la diffusion analogique dite FM (modulation de fréquence) et qu’il n’y a ni opposition, ni contradiction entre ces deux modes de diffusion. Bien plus, la diffusion numérique permettra l’amélioration de la diffusion analogique.A titre d’exemple, la diffusion radio numérique permettra une meilleure qualité du son, similaire à celle de l’écoute d’un CD. Adieu donc aux baisses de la qualité sonore qui sera, ainsi, continue même lors d’un passage sous un tunnel.La Radio numérique comportera un mini-écran de la taille de celui de nos téléphones portable. En écoutant la radio numérique, on pourrait voir la photo de l’invité et de l’animateur, la pochette du disque diffusé et éventuellement avoir ce que l’on appelle une voie de retour Internet ou numéro d’accés pour commander et acheter le CD diffusé ou un billet pour aller voir l’artiste si une date de concert est annoncée avec la diffusion de la chanson.La Radio numérique permet aussi de faire pause par exemple lorsque le téléphone sonne et reprendre l’écoute de l’émission après la conversation pour ne rien rater de l’émission en cours. On pourrait également revenir pour réécouter une émission depuis le début alors qu’on a commencé à l’écouter au milieu de sa diffusion.La Radio numérique est tout simplement un ajout, une évolution et un développement, technique de la radio classique FM. Un développement technique qui permet, également, un développement éditorial, une amélioration du contenu de la radio et une modernisation permettant de rendre les radios plus proches des nouvelles générations qui surfent sur la toile et estiment que la Radio classique FM est un média dépassé.

Propos recueillis par Rym Gacem – TAP

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